Amazon annonce la construction de la plus grande centrale à gaz des États-Unis
L’annonce d’Amazon : une centrale à gaz d’envergure nationale
Le groupe Amazon a révélé son projet de construction de la plus grande centrale électrique à gaz naturel des États-Unis. Cette décision interpelle alors qu’Amazon s’était engagé depuis 2019 sur une trajectoire de neutralité carbone à l’horizon 2040, adhérant à l’initiative internationale « The Climate Pledge ».
Le projet porterait sur une centrale de plus de 1200 MW, soit une capacité équivalente à celle d’un réacteur nucléaire de moyenne puissance. La mise en service est prévue à l’horizon 2027, pour répondre aux besoins croissants des infrastructures – notamment les centres de données AWS, très énergivores.
Quelles implications pour la transition énergétique ?
Malgré des investissements records dans les énergies décarbonées (solaire, éolien, accords de long terme pour achats d’électricité renouvelable, etc.), Amazon, comme d’autres géants du numérique (Microsoft, Google), se confronte à la croissance exponentielle de la demande électrique liée au cloud, à l’IA et au traitement massif des données.
Or, à ce jour, la production d’électricité des États-Unis repose, selon l’EIA (Energy Information Administration), à plus de 60 % sur des sources fossiles (gaz, charbon, pétrole). Une centrale à gaz, même moderne, émet en moyenne 350 à 500 gCO₂/kWh produit, contre moins de 10 g pour le parc nucléaire français ou l’hydraulique.
Tableau comparatif des émissions selon la source (ordre de grandeur typique) :
Pourquoi ce choix technologique ? Exemple d’un data center
Pour tenir la promesse de disponibilité de service à 99,99 %, les hébergeurs et opérateurs cloud doivent garantir une alimentation continue, sans la variabilité des EnR. Or, un data center de taille moyenne (20 MW) consomme autant qu’une petite ville de 10 000 habitants. Avec la multiplication de ces infrastructures, sécuriser l’approvisionnement devient stratégique—d’où le recours, parfois temporaire, à des centrales thermiques de pointe.
Par exemple, une entreprise recourant à un approvisionnement direct sur le marché spot, avec une part garantie de production pilotable, peut faire face à des prix marché allant de 80 à 250 €/MWh en 2024 sur des pointes, contre un prix moyen régulé en France d’environ 100 à 150 €/MWh (valeurs variables, à vérifier auprès de la CRE au moment du choix).
Quel impact et opportunités pour les acteurs français ?
Ce revirement énergétique pose la question de la souveraineté électrique pour les industriels européens et français, alors que la Commission de Régulation de l’Énergie (CRE) fixe en France un Turpe (tarif d’utilisation des réseaux publics) stable, que l’électricité d’origine nucléaire ou hydraulique permet d’afficher un mix beaucoup moins carboné. Pour les professionnels, il est essentiel de s’informer sur la part réelle d’énergie renouvelable sur leurs propres contrats, la couverture par le mécanisme des Garanties d’Origine (GO), et d’analyser la flexibilité contractuelle proposée par leurs fournisseurs.
À retenir
- Les besoins en énergie des data centers alimentent, même chez les leaders du numérique, de nouveaux investissements dans des centrales thermiques.
- Une centrale à gaz peut émettre entre 7 et 50 fois plus de CO₂ au kWh qu’une centrale renouvelable ou nucléaire.
- Les entreprises françaises bénéficient encore d’un mix parmi les moins carbonés d’Europe.
Conclusion : Anticipez vos besoins et stratégies
À l’heure où de grands opérateurs mondiaux font évoluer leur stratégie et leurs objectifs décarbonation, les entreprises doivent auditer précisément leur consommation et anticiper les évolutions du marché de l’énergie. Elly Énergie accompagne gratuitement dirigeants et gestionnaires dans l’étude de leur profil et la recherche des solutions d’approvisionnement ou d’optimisation adaptées.
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