Autoconsommation solaire : conditions de rentabilité pour une PME en 2024
L’enjeu pour les PME : réduire durablement la facture d’électricité
Pour une PME, la consommation d’électricité représente un poste de coût sensible, d’autant plus exposé à la volatilité des prix depuis la fin des tarifs réglementés pour les sites > 36 kVA (depuis janvier 2021, selon la loi Énergie-Climat de 2019). L’autoconsommation via une installation solaire photovoltaïque permet de produire et consommer sa propre électricité, limitant ainsi l’achat sur le réseau – principalement géré par Enedis pour la basse tension. Ce modèle séduit car il réduit la dépendance aux hausses de prix et offre une visibilité sur une partie de la facture énergétique.
Cadre réglementaire et facteurs de rentabilité
Le projet d’autoconsommation d’une PME dépend avant tout :
- Du profil de consommation (horaires, puissance souscrite, régularité…),
- Du potentiel solaire du site (surface disponible, orientation, global annuel de production),
- Des coûts d’investissement (hors taxes et maintenance),
- Des dispositifs de soutien (vente de surplus, primes).
Depuis 2017, le dispositif d’obligation d’achat (OA Solaire, articles D315-24 du Code de l'énergie) permet de vendre le surplus non consommé à EDF OA ou à un acheteur agréé pour les installations ≤ 500 kWc. Au 2nd semestre 2024, le tarif d’achat du surplus pour les installations en toiture ≤ 100 kWc est d’environ 0,13 €/kWh (ordre de grandeur, à vérifier sur CRE.fr), alors que le prix moyen d’achat de l’électricité pour les PME oscille généralement dans la fourchette de 0,18 à 0,23 €/kWh HT (hors TURPE et taxes, données CRE). La prime à l’autoconsommation (pour ≤ 100 kWc) varie selon la puissance et est versée en 5 ans : de 80 €/kWc à 200 €/kWc.
Le TURPE (Tarif d’Utilisation des Réseaux Publics d’Électricité), fixé par la CRE et en vigueur depuis l’arrêté du 28/05/2021 pour la période 2021-2025, reste dû sur l’électricité soutirée du réseau mais pas sur la part autoconsommée.
Analyse économique : exemple concret pour une PME tertiaire
Prenons l’exemple d’une PME tertiaire basée en région Nouvelle-Aquitaine, consommant environ 120 000 kWh/an, avec une toiture exposée sud de 300 m² disponible. Elle fait installer une centrale photovoltaïque de 50 kWc (environ 250 m² de capteurs), pour un coût global autour de 60 000 € HT clés en main (ordre de grandeur 2024), éligible à une prime d’environ 5 000 € répartie sur 5 ans.
Sur cette base :
- Production annuelle estimée : 55 000 kWh (en moyenne 1 100 kWh/kWc/an dans cette zone).
- Taux d’autoconsommation (part de l’énergie directement utilisée) : typiquement autour de 60 % pour une activité diurne (environ 33 000 kWh/an consommés sur place).
- Économie réelle annuelle : (33 000 kWh × 0,20 €/kWh) ≈ 6 600 €, auxquels s’ajoute la revente du surplus (22 000 kWh × 0,13 €/kWh) ≈ 2 860 €.
Tableau comparatif simplifié :
*Calculé en tenant compte du coût total sur 20 ans, de l’autoconsommation et de la revente du surplus.
Dans cet exemple, le temps de retour brut sur investissement avoisine 6 à 7 ans, hors maintenance (souvent 1 à 2 % du CAPEX/an). L’opération est d’autant plus rentable que la part d’électricité autoconsommée est élevée, que le prix de l’électricité du réseau croît, et que l’installation est bien dimensionnée. Le passage de la 5e période du dispositif CEE (2022-2025) ne change pas sur ce point : le solaire ne donne pas lieu à des CEE, mais bénéficie du soutien OA/primes.
Limites, démarches et points d’attention
L’autoconsommation requiert un raccordement adapté (demande auprès d’Enedis, schéma d’autoconsommation individuelle ou collective), un dimensionnement précis et une analyse approfondie du ratio investissement/usage.
Il est crucial :
- De prendre en compte la fiscalité (TVA à 20 %, amortissement),
- De prévoir les exigences d’assurance et de garantie décennale,
- De s’assurer de la compatibilité avec d’autres dispositifs :panneaux installés sur bâtiments tertiaires soumis au décret tertiaire (objectif -40 % d’énergie finale d’ici 2030, via OPERAT).
À retenir
- Le solaire en autoconsommation est rentabilisé en moyenne en 6 à 10 ans pour une PME bien dimensionnée, avec un taux d’autoconsommation d’au moins 50 %.
- Les soutiens publics clés : prime à l’autoconsommation (jusqu’à 200 €/kWc en 2024) et tarif de rachat du surplus (environ 0,13 €/kWh, valeurs à vérifier).
- La démarche doit intégrer contraintes réglementaires, raccordement, et analyse économique détaillée adaptée à chaque site.
Conclusion
Installer du solaire en autoconsommation peut permettre à une PME de mieux maîtriser ses coûts énergétiques, à condition que le projet soit rigoureusement étudié. Les experts Elly Énergie accompagnent gratuitement les PME dans l’analyse, la simulation technique et financière ainsi que le montage de dossier, pour optimiser chaque aspect du projet.
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