Biocarburants : enjeu de la décarbonation et impact sur les cultures alimentaires
Le contexte : biocarburants et décarbonation des transports
La décarbonation des transports suppose de remplacer progressivement les carburants fossiles par des alternatives plus propres, dont font partie les biocarburants. Aujourd’hui, une large part des biocarburants présents dans les stations-service provient de cultures telles que le maïs, le blé, la betterave ou le colza. Cette situation engendre une problématique centrale : ces ressources agricoles servent également à l’alimentation humaine et animale. Leur utilisation massive pour l’énergie peut donc créer des tensions sur les marchés alimentaires.
Origines et limites des biocarburants actuels
Les biocarburants courant, souvent dits de "première génération", sont principalement élaborés à partir de matières premières agricoles. Ce choix découle d’une technologie maîtrisée et aisément industrialisable. Cependant, cette filière pose de nombreux défis en termes de durabilité et d’équilibre entre besoins alimentaires et production d'énergie.
Le tableau suivant synthétise les principales sources de biocarburants et leur usage :
Selon les données du secteur, une part significative (ordre de grandeur : majorité) des volumes en circulation provient encore de cultures dédiées. Cela se traduit par une pression sur les surfaces agricoles, pouvant limiter la disponibilité pour l’alimentation.
Vers des solutions : biocarburants avancés et enjeux industriels
Pour sortir de la compétition avec les cultures alimentaires, le secteur mise sur les biocarburants dits avancés, obtenus à partir de déchets agricoles, de résidus forestiers ou de matières non alimentaires. Ces substances ne concurrencent pas directement les productions alimentaires et permettent de valoriser des flux aujourd’hui peu utilisés.
Toutefois, malgré un intérêt croissant, leur passage à l’échelle industrielle rencontre des obstacles :
- Collecte et disponibilité irrégulière des déchets
- Investissements coûteux pour transformer ces matières en carburants
- Rendements et volumes de production encore limités par rapport aux besoins du marché
Ainsi, bien que prometteurs pour la décarbonation du secteur, les biocarburants avancés n’occupent encore qu’une place minoritaire dans les carburants distribués aux consommateurs et aux entreprises.
Exemple chiffré : une PME du transport
Prenons l’exemple d’une PME de transport consommant environ 100 000 litres de gazole par an. En France, il est courant que le gazole "B7" contienne jusqu'à 7% de biodiesel issu de colza. Sur cette base, environ 7 000 litres du carburant utilisé par cette PME proviennent du colza, qui aurait aussi pu servir d’alimentation animale ou de production alimentaire. Si la filière biocarburant avancé était pleinement opérationnelle, une part équivalente pourrait provenir de déchets, préservant les terres agricoles alimentaires.
À retenir
- La majorité des biocarburants consommés est issue de matières premières agricoles également utilisées pour l’alimentation.
- Les biocarburants avancés issus de déchets représentent une alternative prometteuse mais restent difficiles à industrialiser à grande échelle.
- Pour les professionnels comme pour les particuliers, la transition énergétique dans les transports repose sur l’équilibre entre production d’énergie renouvelable et sécurité alimentaire.
Bilan et accompagnement
Pour les entreprises confrontées à l’évolution réglementaire et au choix de carburants durables, l’enjeu est de s’informer sur les origines des biocarburants utilisés et leurs conséquences. Elly Énergie propose une étude gratuite pour évaluer l'impact énergétique de vos consommations et identifier les pistes d'amélioration adaptées à votre activité.
Sources
- Source de presse indiquée (non fournie)
Le Journal d'Elly — Étude gratuite de vos factures — Primes CEE