Optimisation énergétique dans les blanchisseries et pressings : points clés et économies possibles
Les postes consommateurs d’énergie : poids et enjeux
Les blanchisseries et pressings industriels ou artisanaux sont parmi les secteurs tertiaires les plus énergivores, avec une consommation élevée par mètre carré et salarié. Selon l’ADEME et les bilans sectoriels récents, l'énergie (électricité et gaz) représente souvent entre 12 et 20 % des coûts d’exploitation totaux. Les principaux postes d’énergie sont :
- La production d’eau chaude et de vapeur (principalement au gaz naturel ou fioul)
- Le chauffage des locaux
- Les machines de lavage et de séchage (électriques ou à gaz)
- La finition et le repassage
Un kilo de linge traité nécessite en moyenne 1,5 à 3 kWh d’énergie finale, selon le type d’établissement (source : ADEME, fiche sectorielle Blanchisserie, 2021).
Cadre réglementaire et dispositifs d’aide
Le secteur est soumis à plusieurs obligations :
- Dispositif Éco Énergie Tertiaire : Les blanchisseries de plus de 1 000 m² d’activité (ou intégrées à un ERP de cette taille) doivent déclarer chaque année leur consommation sur la plateforme OPERAT (pilotée par l’ADEME) et viser -40 % d’énergie finale d’ici 2030 (décret tertiaire du 23 juillet 2019, arrêté du 10 avril 2020).
- Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) : Éligibilité à de nombreux CEE standards (chauffe-eau performants, récupération de chaleur, isolation de réseaux, variateurs sur moteurs, etc., voir Arrêté du 22 décembre 2014 et ses textes modificatifs). Les primes CEE peuvent représenter jusqu’à 20-40 % du coût de certains investissements ; leur montant exact varie selon les périodes et évolue chaque année.
- Fin des tarifs réglementés : Depuis 2021 pour l’électricité (loi Energie-Climat) et 2020 pour le gaz, la quasi-totalité des professionnels doivent choisir une offre de marché, ce qui rend l’optimisation du contrat clé (sources : CRE, ministère de la Transition écologique).
Exemples concrets d’optimisation et ordre de grandeur
Prenons l’exemple d’une blanchisserie indépendante traitant 600 kg de linge par jour (environ 180 000 kg/an), avec une consommation annuelle estimée à 350 000 kWh (dont 60 % gaz pour la production de vapeur et 40 % électricité pour les machines et l’éclairage). À tarif indicatif (à vérifier pour 2024) :
- Électricité : prix moyen 0,15 à 0,20 €/kWh (hors taxes)
- Gaz naturel : ordre de 0,07 à 0,09 €/kWh (hors taxes)
Budget annuel énergie hors taxes :
- Électricité : environ 52 500 à 70 000 €
- Gaz : environ 14 700 à 18 900 €
- Total cumulé : environ 67 200 à 88 900 €
En mettant en place :
- Un système de récupération de chaleur sur eaux grises (CEE disponibles, économie d’ordre de 15 % sur la production d’eau chaude)
- Le remplacement de tunnels de lavage par des modèles plus performants (jusqu’à -20 % de conso)
- Passage à l’éclairage LED systématique
L’économie annuelle réalisable peut atteindre de 10 à 20 % des consommations, soit, pour cet exemple, 7 000 à 18 000 € par an, hors effets sur TURPE ou accises.
Priorités d’action : techniques et organisationnelles
- Récupération de chaleur : Installation d’échangeurs sur les eaux usées (sources ADEME, CEE Fiche BAR-TH-138).
- Optimisation des cycles de lavage et séchage : Adapter la température et le taux de charge, réduire le surdosage en produits.
- Contrats d’énergie adaptés : Comparaison et renégociation régulière des offres (l’indexation sur l’ARENH, le choix heure pleine/creuse peuvent participer à l’optimisation).
- Maintenance régulière : Suivi du rendement des chaudières, vérification de l’absence de fuites de vapeur (une fuite de 4 mm à 7 bars peut représenter plus de 30 000 kWh perdus/an).
À retenir
- L’énergie pèse fortement sur les coûts des blanchisseries et pressings (jusqu'à 20 % des charges), principalement via la chaleur (vapeur/eau chaude).
- Le décret tertiaire impose aux grands établissements (> 1 000 m²) des baisses d’au moins 40 % de la conso d’ici 2030.
- Les leviers de récupération de chaleur, modernisation des équipements et contractualisation de l’énergie offrent des gisements significatifs d’économies, d’autant plus soutenus par les CEE.
Conclusion
Un audit précis et une veille sur les dispositifs d’aide (CEE, Eco Énergie Tertiaire) sont essentiels pour identifier la rentabilité des actions à mener. Elly Énergie propose un accompagnement gratuit pour analyser vos postes, optimiser vos contrats et monter vos dossiers CEE, sans engagement pour votre entreprise ou votre site de pressing.
Le Journal d'Elly — Étude gratuite de vos factures — Primes CEE