Perspectives de l’hydrogène pour l’industrie française : état des lieux et enjeux

L’hydrogène industriel : une priorité de la décarbonation

La feuille de route française pour l’hydrogène, initiée en 2018 et renforcée par la Stratégie nationale pour le développement de l’hydrogène décarboné (SNH2, septembre 2020), place l’industrie parmi les cibles premières de cet usage. Selon le ministère de la Transition écologique, l’industrie française consomme aujourd’hui plus de 900 000 tonnes d’hydrogène chaque année, principalement d’origine fossile (environ 95 %), contribuant à près de 3 % des émissions nationales de CO2. L’enjeu : substituer cette production « grise » par de l’hydrogène « bas-carbone » pour les usages industriels (raffinage, chimie, sidérurgie, verrerie…) et les nouvelles applications (mobilité lourde, chaleur industrielle).

Objectifs nationaux et cadre réglementaire

La France a fixé un cap ambitieux : atteindre 6,5 GW d’électrolyse installée d’ici 2030 pour produire de l’hydrogène totalement décarboné (source : SNH2, DGEC, ADEME). Le plan France 2030 consacre 9 milliards d’euros à la filière hydrogène, dont 7 milliards attribués dès 2021 à l’industrie, la production et la mobilité.

Le cadre réglementaire repose notamment sur :

Coûts, maturité et comparaison technologique

Le coût actuel de production : L’hydrogène gris est produit à partir de gaz naturel, pour un coût d’environ 1,5 – 2 €/kg (ordre de grandeur 2024, à vérifier). L’hydrogène décarboné via électrolyse coûte plus cher : en moyenne 4 à 6 €/kg selon le prix de l’électricité et la taille du projet (ordre de grandeur).

Le tableau ci-dessous compare les principales solutions de production d’hydrogène :

Illustration des usages industriels

Un industriel de la chimie consommant 1 000 tonnes d’hydrogène par an génère actuellement environ 10 000 tonnes de CO2 annuel si ce gaz est issu du méthane. En passant à l’hydrogène vert (par électrolyse alimentée par de l’électricité renouvelable), cette entreprise réduirait ses émissions directes de CO2 à quasi-zéro pour cet usage, mais supporterait un surcoût de 2 à 4 millions d’euros par an pour l’achat d’hydrogène (écart entre 2 €/kg et 6 €/kg). Les mécanismes de soutien (Certificats d’économies d’énergie, appels d’offres, fonds européens "IPCEI" pour l’hydrogène) visent à compenser ce différentiel en accompagnant la compétitivité.

Conditions techniques et déploiement

Les principales barrières restent le prix de l’électricité (essentiel pour la compétitivité de l’électrolyse), la disponibilité d’infrastructures (stockage, transport) et la demande agrégée par filière. Le pilotage opérationnel se renforce : la Commission de Régulation de l’Énergie (CRE) a encadré en 2023 les premiers appels d’offres pour l’achat d’hydrogène renouvelable.

Les infrastructures de transport dédiées à l’hydrogène (dorsales "hydrogen backbone" européennes) restent à construire : quelques centaines de km de canalisations sont actives en France, loin des 4 000 km de pipelines visés pour 2030 (source : France Hydrogène).

À retenir

Conclusion

La transition vers l’hydrogène bas-carbone représente une opportunité majeure de transformation pour l’industrie, mais exige des choix techniques et une analyse économique rigoureuse. Elly Énergie accompagne gratuitement industriels et gestionnaires dans l’évaluation des solutions, la préparation des demandes d’aides et la sécurisation de contrats d’approvisionnement à long terme.

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